Des résidents poètes

Accompagnés par Juliana, une art-thérapeute, les seniors de la Résidence Saint-Antoine ont décidé de participer à l’édition 2026 du Printemps des poètes, organisée du 14 au 31 mars un peu partout en France.

En ce mardi, en début d’après-midi, nous retrouvons à la résidence Saint-Antoine une dizaine de seniors, âgés de 80 à 100 ans. Tous participent régulièrement à des ateliers d’art-thérapie, mêlant écriture et échanges. « On parle de tout et de rien » précise Catherine, l’une des résidentes alors qu’en face d’elle, Louis précise : « C’est une ouverture au monde, un espace total de liberté. »  Dans un format totalement adapté à l’âge des participants, Juliana anime ces rencontres qui permettent : « de relancer la créativité, toujours dans la bienveillance ».  

À l’exemple de l’exercice du jour, où les discussions tournent autour de l’expression « un chemin tranquille », tous prennent visiblement plaisir à échanger et participer afin de nourrir la réflexion. C’est dans ce contexte que Juliana leur a proposé de participer à l’édition 2026 du Printemps des poètes : « Dès le mois de janvier, nous avons commencé à travailler sur chaque mot du thème de cette année – Liberté. Force vive, déployée – les résidents ont pu donner leurs idées, leurs sentiments sur ces mots et nous avons pu créer un poème. Au final, les trois groupes, que j’anime ici, ont écrit leur propre texte qui sont à chaque fois le reflet de la richesse intérieure des résidents, de leur sensibilité et de leur humanité. » Ces poèmes seront mis en ligne sur le site Internet du Printemps des poètes et partagés sur les réseaux sociaux.

Poème 1 – Accueil de jour
Participants: Mme Heyraud, Mme Pouch, Mme Schembri, Mme Guillon, M Bouard, M Tiertant, Mme Chabeaudy, Mme Bertot, Mme Hédelin


Liberté. Force vive, déployée
Toutes les forces vives se sont déployées pour faire quelque chose de libre, quelque chose de gai.
La liberté, c’est avoir envie de faire, et se laisser faire.
On ne peut pas toujours la partager, mais on ne peut pas nous l’enlever. Elle reste là, avec notre idée, celle qui nous paraît importante.
Chacun a son droit de parole, chacun a son chemin.
C’est parfois difficile, oser s’affirmer.
On affirme quelque chose, un point, c’est tout.
Il faut pouvoir communiquer, aller au bout de son idée, ça, c’est important.
La liberté, j’y suis habituée, et pourtant elle reste fragile. Il y a des pays où elle est rare.
Être libre, c’est déjà pouvoir parler.
Le champ est à tout le monde.


Poème 2 – Unité protégée
Participants: M Hesse, M Ville, Mme Pereira, Mme Pagès, Mme Rexach, Mme Schwartz, Mme Tardif, M De Maggio, Mme Garcia


Liberté. Force vive, déployée
C’est une question. Ce n’est pas une question.
Aujourd’hui, il faut faire très attention.
La liberté, c’est pour donner aux autres.
Il y a deux catégories de personnes : ceux qui acceptent ce qui se passe, et les autres, pour qui ça nuit tout de suite.
Force active. Ça bouge. Ça essaie d’agir.
Déployée : donner comme on peut.
Toucher ce qu’on a.
Une période de liberté, puis revenir à la construction de base.
Étaler. Étendre. Commenter.


Poème 3 – Espace ouvert / EHPAD
Participants: M Chiron, M Idir, Mme Cavallini, Mme Jersol, Mme Pau, Mme Khistenko, M Bizot, Mme Belair, M Gautier, Mme Fouque, Mme Chabot


Liberté. Force vive, déployée
C’est un bien grand mot, et c’est un mot beau.
La liberté, c’est ce que je me donne, faire un peu ce que je veux, même si j’en suis parfois loin.
Liberté, égalité, fraternité : si on respectait cela, on irait bien.
La liberté, c’est partir ailleurs. C’est accepter que chacun soit différent, qu’il pense autrement que nous.
Ce mot est trop important, souvent remis en cause, parce que la liberté, c’est tout.
C’est la vie. C’est pour tout le monde.
La force, c’est l’élan, la liberté d’action.

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